Le ciné de Virginie

Critiques et actu ciné

Le Prodige (Edward Zwick)

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Bobby Fisher (Tobey Maguire), le prodige américain des échecs, qui à l’apogée de la guerre froide, se retrouve pris entre le feu des deux superpuissances en défiant l’Empire Soviétique lors du « match du siècle » contre Boris Spassky (Liev Schreiber).

Les 15 premières minutes du film nous présentent le personnage de Bobby Fisher: de son enfance, avec ses premières parties d’échecs, à son entrée dans les championnats mondiaux d’échecs. On comprend, durant ce début du film, que tout ce que l’on va nous montrer sur ce sport ne sera pas original. Rien de nouveau. Et en effet, les échecs vont finalement disparaître au fil du film pour ne servir que de fond au personnage complexe qu’est Bobby Fisher.

Pour la suite, le film se perd en longueur. Il nous montre différentes crises de paranoïas de Fisher (il pense être mis sur écoute par les Russes au départ, puis par le gouvernement américain lui-même). Finalement, nous oublions parfois le sujet de base qui déclenche ses crises: les échecs (malgré les surplus d’échiquiers mis dans une seule pièce dans certaines scènes). Nous comprenons donc rapidement que toute cette histoire n’est là que pour nous parler de l’affrontement entre l’USA et l’URSS qui est, bien évidemment, la Guerre Froide.

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Oui, mais … ici, le réalisateur Edward Zwick ne prend aucun parti et reste totalement neutre dans ce conflit. La folie de Fisher joue contre les Américains et la suprématie des Russes dans le monde des échecs. Mais l’accusation de triches et de corruption arbitrale remet les deux pays sur un pied d’égalité à nos yeux. Un seul moyen de les départager: la rencontre entre leur deux champions Boris Spassky et Bobby Fisher.

Nous attendons donc avec grande impatience ce « match du siècle » : sans mentir nous nous ennuyions et nous espérons que le scénario nous tient en haleine pour mieux nous surprendre par la suite. Ce ne sera jamais le cas.

Le match devait durer sur 24 parties, dont nous ne voyons que les 6 premières à l’écran (si nous ne prenons pas en compte celles dont on ne nous donne que le résultat final). Par la suite, on nous affiche le résultat du match, ce qu’est devenu Bobby Fisher et le générique. On comprend à ce moment que les longueurs précédentes du film ont eu raison du sujet. Le «match du siècle» n’est pas retranscrit à l’écran comme il se doit et la déception est bien là.

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En ce qui concerne la performance des acteurs, on peut applaudir celle de Tobey Maguire. Souvent proche de l’hystérie, son jeu nous plonge dans la folie de son personnage et reste toujours juste.

A l’inverse, Liev Schreiber est lui inexistant, complètement effacé par son partenaire. Malgré des scènes le mettant en avant, il n’arrive pas à nous faire croire à ses doutes. Nous le félicitons cependant pour son travail de maîtrise du russe avec un accent impeccable.

Mention spéciale pour Peter Sarsgaar qui interprète le Père Bill Lombardy (ancien champion d’échec qui devient l’entraîneur de Fisher) et qui, malgré son second rôle, arrive à se hisser au même niveau que les protagonistes et, surtout, à tenir tête au jeu impressionnant de Tobey Maguire.

Un mauvais point cependant: le nombre d’actrices à l’écran. En effet seulement trois femmes apparaissent: une mère, une sœur et une prostituée (toutes liées à Fisher). Si on peut comprendre que les femmes ne jouaient pas aux échecs à cette époque là, nous comprenons beaucoup moins pourquoi il y a si peu d’interaction avec elles. Pourquoi les autres personnages ne sont pas mariés, n’ont pas une femme à leur côté ? Cette situation apporte un peu plus de noir au tableau.

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En bref, le film est long, se perd dans ses idées et ne développe pas assez ce qu’on était venu voir, à savoir, «le match du siècle», qui apparaît bien fade, et le conflit USA/URSS. Il n’explique pas non plus le rôle qu’a joué Bobby Fisher qui, par ses nombreuses exigences, a permis la reconnaissance des échecs en sport professionnel grâce auquel de grands joueurs parviennent à en vivre aujourd’hui. Il ne fait que survoler cela. Il nous montre surtout un Fisher égocentrique ne pensant qu’à l’argent et non au jeu. Heureusement pour Edward Zwick, son casting est impeccable et ses acteurs sauvent, par leur prestation, le film.

5/10

Le prodige (Pawn Sacrifice), de Edward Zwick avec Tobey Maguire, Liev Schreiber, Peter Sarsgaard, Michael Stuhlbarg, Lily Rabe, Robin Weigert,… En Salle depuis le 16 septembre 2015.

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À propos de Cam O'Riley

Si vous me cherchez je suis dans une salle de cinéma avec bien souvent un comics sur les genoux. Ou alors entrain de tweeter : @Mrs_Paltrow .

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