Le ciné de Virginie

Critiques et actu ciné

Critique – Kill your Darlings

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  • Réalisation : John Krokidas
  • Scénario : John Krokidas et Austin Bunn. 
  • Production : Benaroya Pictures, Dontanville – Frattaroli Management et Killer Films
  • Bande originale : Ken Ishii
  • Photographie : Reed Morano
  • Origine : USA
  • Date de sortie : 18 janvier 2013 (Festival du film de Sundance), 18 octobre 2013 (US)
  • Casting : Daniel Radcliffe (Allen Ginsberg), Dane DeHaan (Lucien Carr), Michael C. Hall (David Kammerer), Ben Foster (William S. Burroughs), Jack Huston (Jack Kerouac).

La Beat generation est ce célèbre mouvement lancé par Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William Burroughs; Lucien Carr,un autre de la bande, a eu une influence forte sur la création, dans les années 40, sur les bancs de l’université. Cette jeunesse semblait perdue, lasse, brisée. Partant d’une volonté d’émancipation, d’anticonformisme, de l’inattendu, de liberté artistique et esthétique voire sexuelle, ce mouvement fera naître des œuvres emblématiques telles que Howl de Allen Ginsberg et sur La route de Jack Kerouac, entre autres (elles ont fait l’objet d’adaptations cinématographiques, sorties en 2012). 

Pourquoi je vous parle de Beat Generation ? Tout simplement parce que le film, dont je vais vous parler dans quelques instants, retrace l’émergence, les racines de ce courant littéraire accompagnées de l’histoire passionnelle, entre David Kammerer et Lucien Carr, finissant en meurtre. Pour son première long-métrage, John Krokidas se paie de jeunes acteurs prometteurs. Que retient-on de ce film ? Réponse dans la critique qui suit.

-Together ? -Together. Oh wait...

-Together ?
-Together. Oh wait…

Synopsis (Allociné): En 1944, un meurtre commis par l’un de leurs amis rassemble les chefs de file de la Beat Generation, les poètes Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs.

Sous ses faux airs de biopic, Kill your Darlings suit l’univers de jeunes étudiants lassés des codes de la littérature américaine. Influencés par un bon nombre d’écrivains, comme Rimbaud, cette petite bande va tenter de les  contourner  en n’ayant aucune peur d’outrer leurs aînés (Allen défie un de ses professeurs ; Lucien lit un poème vulgaire et obscène dans la bibliothèque). Ce dernier parle même de Nouvelle Vision. Partant de cette idée, le réalisateur ne va jamais dans la demi mesure en ce qui concerne la vie quotidienne de ces futurs écrivains. Il n’a pas peur de montrer une génération prônant le sexe, les soirées très alcoolisées et la drogue. Krokidas reste très honnête dans le développement de son intrigue et ça illustre cette idée de génération perdue, rêveuse, insouciante et les prémices de la Beat Generation. Le réalisateur semble connaître son sujet et veut le montrer aux spectateurs. La musique est un élément important du film. Le réalisateur a l’air de vouloir l’insérer en tant que personnage accompagnant les protagonistes dans leur évolution psychologique.

Je n'ai pas fermé l’œil depuis 2 semaines. J'assassine le premier qui m'adresse la parole.

Je n’ai pas fermé l’œil depuis 2 semaines. J’assassine le premier qui m’adresse la parole.

Malheureusement J.K. (non pas Rowling ou John Kennedy), reste parfois à la surface de certaines zones d’ombre telle que la relation très mystérieuse entre Lucien et David. On comprend que leur relation est très ambiguë, tout comme celle entre Allen et Lucien, mais nous se savons pas d’où elle est partie. On en vient à se dire que l’histoire d’amour n’est pas crédible alors que le plus jeune des deux est très tourmenté. Parallèlement, le réalisateur ne parvient jamais à narrer le lien qu’il y a entre le nouveau souffle d’un mouvement et le conflit qui préoccupe Lucien. Tout devient chaotique, confus et artificiel. On éprouve un sentiment de frustration en raison d’un manque de clarté. En voulant nous prouver qu’il savait ce qu’il entreprenait, John Krokidas propose un film sans véritable fond même s’il y a cette volonté d’exacerber la frénésie, la folie de la créativité.

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La réalisation reste fade mais s’il n’y avait pas eu d’interprétations justes et efficaces, le film aurait pu être mis au rang de navet (et dieu sait que je déteste dire ça). Daniel Radcliffe casse son image et s’éloigne un peu plus du sorcier à lunette (stop stop stop, ne me tapez pas ! Oui, il sera toujours Harry Potter dans nos cœurs). Il joue le poète homosexuel tout en finesse et élégance. Il n’hésite pas à prendre des risques. Dane DeHaan est de plus en plus fascinant. Dans ce film, il est hypnotisant,, magnétique, troublant. Il a compris la complexité de son personnage et sait passer d’une humeur à l’autre naturellement. L’alchimie entre Dane et Daniel est palpable. Michael C. Hall est bouleversant dans le rôle d’un professeur homosexuel épris d’une jeune homme perturbé. Ben Foster et Jake Huston n’ont pas à avoir honte de leur prestation. 

En bref, ce drame laisse perplexe à cause d’une tension dramatique laissée pour compte et de bonnes idées complexes sous-exploitées. Le film pourrait être plus captivant puisqu’il regorgeait de thèmes actuels (la place de l’homosexualité) et captivants (la recherche de sa personnalité, vouloir défier). Une petite déception en somme. 

3/5

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À propos de virginie Billa

Ancienne étudiante en fac de ciné. Je bouffe cinéma, je respire cinéma depuis l'âge de 7 ans lorsque mes parents m'ont fait découvrir Titanic mais la flemme s'est ravivée avec Hitchcock. Je suis quelqu'un d'assez hétéroclite même si le cinéma indépendant et les petits films d'auteur barbants bouleversent mes sens. Cependant, je prends un malin plaisir à être émerveillée par un film qui a coûté 90 000 fois mon loyer. Et c'est ça, la vrai force du Cinéma.

Un commentaire sur “Critique – Kill your Darlings

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