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Critique – Hunger Games: L’Embrasement

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Réalisation : Francis Lawrence  Scénario : Michael Arndt et Simon Beaufoy d’après Hunger Games: L’Embrasement de Suzanne Collins.
Production : Lionsgate, Color Force
Bande originale : James Newton Howard
Origine : USA   Titre original: The Hunger Games: Catching Fire
Date de sortie : 22 novembre 2013 (US), 27 novembre 2013 (Fr).

Casting: Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizbeth Banks, Donald Sutherland, Lenny Kravitz, Sam Claflin, Jena Malone, Jeffrey Wright, Philip Seymour Hoffman,Stanley Tucci,…

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En mars 2012 sortait, dans nos salles obscures, le digne héritier de Twilight et le plagiat honteux de Battle Royal (je crois que ça fait « hype » de dire ça) soit Hunger Games adapation du roman éponyme écrit par Suzanne Collins. Entrée fracassante au box-office (691 millions de Dollars au final) et découverte de jeunes acteurs (Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson et Liam Hemsworth entre autres), un phénomène était en marche. 1 an et demi plus tard, de l’eau ayant coulé sous les ponts (l’actrice principale gagnant un oscars en février dernier. Non…pas pour ce film, imaginez le scandale), la saga revient sur nos écrans sous la direction de Francis Lawrence, successeur de Gary Ross avec les mêmes acteurs et quelques petits nouveaux. Suite très attendue (ou non), le nouveau réalisateur a-t-il réussi le pari d’approfondir le travail de Gary Ross ? Est-il allé au bout du message apporté par l’histoire ? S’est-il emporté dans le rouage de la mièvrerie des nouvelles sagas pour ados ? Réponse.

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Synopsis: (Source Allociné): Katniss Everdeen est rentrée chez elle saine et sauve après avoir remporté la 74e édition des Hunger Games avec son partenaire Peeta Mellark. Puisqu’ils ont gagné, ils sont obligés de laisser une fois de plus leur famille et leurs amis pour partir faire la Tournée de la victoire dans tous les districts. Au fil de son voyage, Katniss sent que la révolte gronde, mais le Capitole exerce toujours un contrôle absolu sur les districts tandis que le Président Snow prépare la 75e édition des Hunger Games, les Jeux de l’Expiation – une compétition qui pourrait changer Panem à jamais…

Pour ce deuxième opus, Francis Lawrence a décidé de revenir dans une réalisation moins hyperactive, en supprimant le shaky cam qui avait tant déplu à un bon nombre de personnes. Même s’il était justifié pour montrer le monde dans lequel l’héroïne évoluait et édulcorer la violence, pour en faire un film tout public, ce montage s’avérait de plus en plus lourd à supporter pour les spectateurs. Choix judicieux donc. D’autant plus que le réalisateur construit son film de manière habile puisqu’il n’hésite pas à utiliser un montage alterné entre les scènes avec Katniss et celles des entrevues entre le Président Snow et le Haut-Juge Plutarch Heavensbee: il accentue la tension dramatique et la perversité du Capitole utilisant Katniss comme objet médiatique pour contrôler les masses populaires. La violence est une nouvelle fois atténuée pour ne pas choquer, à en faire pipi au lit, les moins de 17 ans (on ne sait jamais, un gamin de 13 ans peut subitement prendre une hache et la planter dans la tête d’un camarade) mais la violence psychologique est bien retranscrite à l’écran : une Katniss traumatisée par ses premiers jeux, le contrôle des populations insurgées par la peur,… rien n’a été omis par le réalisateur pour continuer le travail de Gary Ross, qui avait introduit un monde noir et répressif. Il réussit même à rendre cet opus plus mature que son prédécesseur.

Le film est également divisé en 2 partie, comme dans le livre et le premier film.Nous distinguons une première partie originale, la Tournée de la Victoire où Katniss et Peeta doivent rendre visite à chaque District. Ici, les thèmes chers à la Dystopie et le discours politique sont mis en avant. Nouveauté : la révolution des peuples se met en marche (déjà évoqué dans le premier film par l’insurrection dans le District 11), le public gronde. Cela va même jusqu’à toucher le Capitole : choix très perspicace et symbolique que de montrer la petite-fille du Président Snow du côté de Katniss et Peeta. De plus, nous découvrons l’embrasement en même temps que les protagonistes par l’intermédiaire de la télévision ce qui prouve une nouvelle fois cette médiatisation de la société, outil porteur de message. L’étincelle a bel et bien lieu dans la première partie et se prolonge dans l’arène où l’action prend le pas. On ressent en effet une sorte de répétition du premier mais ce n’est pas ce qui gène le plus. Cette partie est rapide, trop même. Les dialogues, les actions et les plans s’enchaînent à un point où nous n’arrivons pas à sentir les liens entre les personnages, les rapprochement des personnages tombent comme un cheveu sur la soupe si la personne n’a pas lu le livre, c’est encore trop artificiel. L’exploitation de l’arène  est très frustrante et donne une impression de  film expédié pour se concentrer sur le dernier. 

Une fois encore, les contrastes Capitole/District sont intégrées dans l’intrigue par le décor. L’équipe fait preuve d’ingéniosité en exposant la misérable condition des habitants de Panem par des décors sinistres, sombres (même le temps neigeux s’y prête) tandis qu’on nous présente la suprématie du Capitole avec ces décors somptueux (notamment le palais du président), cette grande fête dans laquelle les invités rigolent, mangent jusqu’à en vomir tandis que les habitants des districts meurent de faim. On retrouve l’univers outrancier de l’histoire en cela-même.

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Ces quelques défauts n’entachent pas la réussite du film emmené par un casting détonant. Tout d’abord, Jennifer Lawrence retrouve l’arc et la tresse de Katniss et n’a aucun mal à nous transmettre ses émotions sans pousser dans l’excès. Elle parvient à retranscrire les changements d’humeur de son personnage. La crédibilité de son jeu (je m’amuse à dire que parfois nous voyons du Jennifer et non Katniss) nous tend à la soutenir. La demoiselle nous montre une nouvelle fois tout l’étendu de son talent, tout comme son collègue Josh Hutcherson qui arrive enfin à mieux s’affirmer dans celui-là, cela est très prometteur pour le dernier film. Liam Hemsworth, encore au seconde plan, ne démérite pas tout autant. Sam Claflin, nouveau venu, interprète de Finnick Odair, un ancien vainqueur de retour dans l’arène, s’est parfaitement adapté à l’univers en étant le Finnick que tout fan voulait, soit une personne roublarde, ambiguë. Il apporte donc tout avec justesse. C’est également le cas avec l’interprète de Johanna Mason, Jena Malone, tout à fait à l’aise dans le corps de son personnage  (cf. les scènes de l’ascenseur et  l’interview avec Caesar Flikerman). Ces deux derniers apportent un nouveau souffle à l’adaptation. 

En bref, Hunger Games: L’Embrasement est un divertissement réussi malgré ses petits défauts (un film n’étant jamais parfait eh oui), soutenu par un casting 5 étoiles. Francis Lawrence nous propose un film intense, plus adulte et plus psychologique que le précédent. Malgré la présence malheureuse du triangle amoureux, le film se détache fortement des teen-movie de ces dernières années.  Le travail du réalisateur balaie tous les doutes que nous ayons pu avoir et promet une suite encourageante. Toute révolution commence par une étincelle…

4/5

https://www.youtube.com/watch?v=-ZcW_6i2Rkg

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À propos de virginie Billa

Ancienne étudiante en fac de ciné. Je bouffe cinéma, je respire cinéma depuis l'âge de 7 ans lorsque mes parents m'ont fait découvrir Titanic mais la flemme s'est ravivée avec Hitchcock. Je suis quelqu'un d'assez hétéroclite même si le cinéma indépendant et les petits films d'auteur barbants bouleversent mes sens. Cependant, je prends un malin plaisir à être émerveillée par un film qui a coûté 90 000 fois mon loyer. Et c'est ça, la vrai force du Cinéma.

3 commentaires sur “Critique – Hunger Games: L’Embrasement

  1. evilashpaslaffaire
    03/12/2013

    excellente critique même si je ne suis d’accord en rien.

    « Battle Royal (je crois que ça fait « hype » de dire ça) » >>> ce n’est pas hype de le penser, c’est un constat tout simple qui ne peut que venir à l’esprit de toute personne connaissant et le manga et les films. Des jeunes qui doivent s’entretuer à cause d’un système répressif qui les y oblige ? Hop, c’est Battle royale. Soulèvement des populations et des jeunes opprimés ? Hop, c’est Battle royale 2.

    « une Katniss traumatisée par ses premiers jeux, le contrôle des populations insurgées par la peur,… rien n’a été omis par le réalisateur pour continuer le travail de Gary Ross »>>>> Perso, voir Katniss pleurer devant des dindes m’a fait rigoler, désolé. Donc son trauma…je ne l’ai jamais ressenti dans le reste du film. A la rigueur, la séquence dans le village avec le commandant, je veux bien admettre que cette scène sème le trouble et l’horreur. Mais c’est la seule scène où j’ai ressenti cela.

    « L’étincelle a bel et bien lieu dans la première partie et se prolonge dans l’arène où l’action prend le pas »>>>> je ne l’ai pas non plus ressenti cet embrasement. Le réal nous montre des gens lever des doigts dans la foule… on apprend des news par ci par là… Mais rien n’est jamais vraiment montré puisque l’on suit les semelles de Katniss qui court dans la forêt. Pour moi, cette représentation d’embrasement est un échec sur toute la ligne.

    Totalement d’accord sur ton jugement des Jeux en eux mêmes…

    Quant aux acteurs principaux, personnellement, je les ai tous trouvés aussi mauvais les uns que les autres (la palme revenant à Liam, aussi insipide qu’un melon pas mûr). Seuls les seconds rôles m’ont tenu en éveil et je suis resté devant le film grâce à eux.

    évidemment, tous ses propos n’engagent que moi et moi seul. je ne détiens pas la vérité. ;)

  2. wildgunslinger
    04/12/2013

    Le roman est bien un plagiat de Battle Royale, effectivement. Ou plutôt malheureusement…

    Je n’ai pas du tout été convaincu par ce second film, ni par son histoire ni par son univers et encore moins par ses personnages fades au possible. Tout cela est d’un ennui incroyable pour moi…

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