Le ciné de Virginie

Critiques et actu ciné

Critique – Alabama Monroe

Alabama-Monroe

Réalisation : Felix Van Groeningen

Scénario : Johan Heldenbergh, Mieke Dobbels, Carl Joos et Felix Van Groeningen
Production : Menuet Producties et Topkapi Films
Bande originale : Bjorn Eriksson
Origine : Belgique
Date de sortie : 10 octobre 2012 (Bel), 19 avril 2013 (US), 28 août 2013 (Fr), 18 octobre 2013 (RU).

Casting: Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse, Geert van Rampelberg, Nils de Caster, Robby Cleiren, Bert Huysentruyt, Jan Bijvoet, Blanka Heirman.

490x300

Felix Van Groeningen avait fait sensation au festival de Cannes 2009, tant par son apparition sur la croisette ( adieu le smoking et noeud pap’, venir dans son plus simple appareil, c’est tellement mieux) que par son film représenté à la Quinzaine des réalisateurs, La Merditude des choses, une vraie petite surprise. L’hexagone le découvrait (même s’il avait déjà deux films à son actif : Steve + Sky et Des jours sans amours (Dagen zonder lief en Version Originale) et va commencer à la suivre et découvrir son nouveau long métrage The Broken Circle Breakdown connu sous le nom de Alabama Monroe chez nous.  Adapté d’une pièce (portant le même nom que le film) écrite par Johan Heldenbergh (il reprend aussi le même rôle,ici), le long métrage du jeune cinéaste belge  fait de nouveau sensation un peu partout dans les festivals. 

Je continue dans ma lancée d’aller voir les films à « l’aveugle ». C’est un risque à prendre d’autant plus que la magie en est plus puissante. Je ne nie pas le fait que nous pouvons tomber sur des « bouses » (Ou, je me permets cette expression mais c’est la dernière fois). Ici, j’étais intriguée par les propos des critiques, des blogueurs, des personnes lambda (et le travaille du réalisateur quand même). La personne qui écrit ses lignes n’en est pas ressortie tout à fait indemne : il y a eu des larmes, ce qui n’arrive habituellement jamais.

bluegrass

Synopsis: (Source Allociné)  Didier et Élise vivent une histoire d’amour passionnée et rythmée par la musique. Lui, joue du banjo dans un groupe de Bluegrass Country et vénère l’Amérique. Elle, tient un salon de tatouage et chante dans le groupe de Didier. De leur union fusionnelle naît une fille, Maybelle…

L’histoire suit le destin et le combat d’un couple hors du commun mais fusionnel. Cela aurait pu être un film d’amour tragique aussi original que la mode chez les adolescents mais le réalisateur a pris le risque de ne pas respecter la chronologie des événements. Le présent et le passé se voient mélangés, en alternant les moments plus légers, joyeux et magnifiques avec la musique Bluegress, éblouissant le film de sa grâce, qui accompagne le récit puisqu’elle a un rapport direct avec le récit et les instants dramatiques poignants devant lesquels nous ne restons jamais de marbres. On passe du rire au larme et vice et versa. Ainsi, nous évitons de tomber dans le pathétique qui en deviendrait gênant et insupportable à regarder. Le réalisateur manie subtilement la dramatisation de l’histoire et, dans un même temps, nos émotions grâce à cet équilibre et ce montage non-linéaire judicieux. Je parle de l’image mais le scénario n’est pas en reste. Il reste intelligent, bien pensé : Le spectateur se sent très proche de l’histoire et des personnages. Nous restons actifs face à une telle manipulation de l’image et du scénario. Il est certain que ce travail à un impact fort sur le spectateur.

Mais ce film est plus qu’une simple histoire d’amour fusionnel entre Didier , Élise et leur petite fille Maybelle. Quand on sort de la projection, on a envie de  dire merde à la vie. Même si on se sent mal, troublé par ce qui se passe devant nos yeux, Felix Van Groeningen n’use jamais d’un discours défaitiste. Alabama Monroe a le mérite de tenter de montrer, qu’en dépit de l’existence de plus en plus sombre que semble représenter leur avenir, un chant d’espérance semblable à un hymne permettant d’éclairer la nuit, qui entoure le couple, et de la transformer en jour. De plus, la musique utilisée est un symbole fort. Elle permet d’oublier et réconforte. Elle travestit la réalité pour qu’elle soit soutenable. Malgré tout, le réalisateur belge ne filme pas un monde de « bisounours ». Le long-métrage transpire d’une sincérité brutale et déstabilisante.  Il ne cache rien au spectateur et  montre  toute la réalité.

20531917.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

La prouesse des acteurs contribuent à la réussite de ce film. Ils ne surjouent jamais, vivent leur personnage, ils sont simplement humain. Leur prestation est tellement juste que nous pouvons nous comparer à Didier et Élise. L’alchimie entre Veerle Baetens et  Johan Heldenbergh est intense et crédible. Nous souffrons, nous rions avec eux. Les scènes de dispute nous donneront des frissons.  L’autre personne épatante est la petite Nell Cattrysse (Maybelle). Ça ne m’étonne pas que des larmes viennent s’inviter durant ces séquences déchirantes tellement l’interprétation de la petite fille est bouleversante.

En bref, en croisant la joie, l’épanouissement avec la tristesse ou la détresse des personnages principaux, Felix Van Groeningen y apporte une beauté particulière. Pimenté par une BO splendide, ce film ne laissera personne indifférent et il n’est pas prêt de sortir de nos esprits. Je n’ai qu’une seule chose à vous dire : Courez voir cette petite pépite sans plus tarder. A voir sans modération. 

5/5

Bande-annonce en VOSTFR

Advertisements

À propos de virginie Billa

Ancienne étudiante en fac de ciné. Je bouffe cinéma, je respire cinéma depuis l'âge de 7 ans lorsque mes parents m'ont fait découvrir Titanic mais la flemme s'est ravivée avec Hitchcock. Je suis quelqu'un d'assez hétéroclite même si le cinéma indépendant et les petits films d'auteur barbants bouleversent mes sens. Cependant, je prends un malin plaisir à être émerveillée par un film qui a coûté 90 000 fois mon loyer. Et c'est ça, la vrai force du Cinéma.

5 commentaires sur “Critique – Alabama Monroe

  1. Mr Vladdy
    07/09/2013

    Un film qui me fait de l’œil et que j’espère découvrir bientôt. J’aime beaucoup l’affiche en tout cas et j’en ai eu pour le moment que de bons échos donc je pars plutôt confiant :)

  2. wildgunslinger
    08/09/2013

    Critique très juste d’un film que j’ai adoré. Je l’ai déjà vu deux fois et je pense que je prendrai le blu-ray à la sortie.

  3. Kev44600
    08/09/2013

    Très belle critique et très bien écrite ! Je suis 100% d’accord avec toi sur ce The Broken Circle Breakdown, un vrai film puissant, émouvant et drôle par instant. Un beau et dur résumé de la vie !

  4. Pingback: 2013: Une riche année cinématographique | Le ciné de Virginie

  5. Pingback: Index critiques | Le ciné de Virginie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :